L’ancien président gambien Yahya Jammeh, avec la complicité d’hommes d’affaires étrangers, a pillé son pays et les ressources forestières (bois) du Sénégal en Casamance.

Avec à sa solde des tueurs à gage comme « Malia Mungu », « Bombardier » Kawsu Kamara ou les « Junglers » (les broussards), l’ancien président gambien Yahya Jammeh, avec la complicité d’hommes d’affaires étrangers, a mis à genoux l’économie de son pays, mais également anéanti les ressources forestières (bois) du Sénégal en Casamance.

Dans un rapport révélé en mars 2019, le Projet de Reportage sur la Corruption et le Crime Organisé (OCCRP),  un réseau mondial de journalistes d’investigation, a révélé que le préjudice équivaut à près d’un milliard de dollars US.

En arrivant au pouvoir le 22 juillet 1994 à Banjul, le jeune lieutenant Jammeh avait suscité beaucoup d’espoir. Aussitôt chéri par la jeunesse et les femmes, le natif de Kanilai drainait des foules à toutes ses sorties.

Mais quelques mois plus tard, le 11 novembre 1994, vers 3 h 00 du matin, le « sauveur » s’était transformé en un monstre froid.

De l’espoir à la terreur

Sur ses instructions, un groupe de soldats accusés de fomenter un coup d’Etat, avaient été froidement exécutés par leurs frères d’armes à Fajara Barrack (camp militaire de Bakau) et sommairement enterrés.

Le jeune lieutenant Yahya Jammeh avait outrepassé les vœux du Conseil de gouvernement provisoire des forces armées (AFPRC) pour tenir le pays en une main de fer.

Il se promeut Capitaine avec les membres du conseil qui lui sont fidèles et sacrifie les autres qui ont essayé de le rappeler à l’ordre.

Il démissionne de l’armée, puis s’autoproclame Colonel à la retraite (pour se faire payer une pension) et se présente comme candidat de l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC ) à la présidentielle de septembre 1996 qu’il remporte sans aucune difficulté.

C’est le début du règne de la terreur, de la propagande et de la mafia d’Etat en Gambie. Pour conforter sa dictature, Yahya Jammeh fait fi des droits humains en ordonnant une répression sans merci de toute dissidence.

Comme pour entretenir son peuple et le monde entier dans l’ignorance de ses agissements, il se mue en marabout soigneur du SIDA et se donne 5 titres honorifiques : President Alhaji Sheikh Doctor Professor  Yahya AJJ Jammeh.

Pillage organisé des ressources

Selon le Projet de Reportage sur la Corruption et le Crime Organisé (OCCRP), la richesse du président Jammeh, dont le  «somptueux domaine privé dans son village natal abritait des animaux exotiques, un camp d’entraînement militaire et des dizaines de véhicules de luxe », proviendrait de détournements des deniers publics.

« Des dizaines de milliers de documents – y compris la correspondance gouvernementale, les contrats, les dossiers bancaires, les enquêtes internes et les documents juridiques – ont révélé l’ampleur réelle du vol », explique l’OCCRP.

Le consortium des journalistes d’investigation a révélé que l’ancien chef de l’Etat gambien était aidé par un «puissant cercle intérieur ».

«  Il a noué des partenariats lucratifs avec des hommes d’affaires étrangers, dont Mohamed Bazzi, homme d’affaires libanais et financier du groupe militant du Hezbollah, qui a ouvert la voie au pillage de près de 364 millions de dollars de la société de télécommunications publique (GAMTEL) », précise la source.

Le président Jammeh est également épinglé dans le trafic illicite du bois. En complicité avec deux hommes d’affaires roumains, Nicolae et Dragos Buzaianu, il a jeté son dévolu sur la forêt sénégalaise de Casamance d’où il a obtenu «325,5 millions de dollars».

Aux premières années de son règne, il s’est servi de Taiwan contre la Chine «pour obtenir plus de 100 millions de dollars d’aide bilatérale» dont la gestion a été nébuleuse.

Le président Jammeh est également accusé d’avoir volé «60 millions de dollars du fonds de pension de son pays».

L’ancien homme fort de Banjul conduisait un Hummer Stretch et voyageait en jets privés. Il est aussi accusé de corruption. Récemment, de jeunes femmes gambiennes, sous la coupole de Human Rights Watch, ont accusé Yahya Jammeh de viol et d’harcèlements sexuels.

L’ancien chef de l’Etat vit en Guinée équatoriale depuis le 21 janvier 2017.